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Pépinière en Dordogne, agrumes & exotiques

  • Pépinière en Dordogne, agrumes et exotiques

Agrumes : ce qu’il faut savoir avant de les inviter chez vous

Cet article regroupe des informations théoriques et pratiques, évidemment incomplètes. Il sera donc régulièrement mis à jour et enrichi de nouveaux sujets*. Pensez à y revenir et à nous faire partager vos retours !

*prochaines rubriques à venir : Santé maladies et parasites / Substrats / Croissance / mise à fruit et production / Signaux d’alerte

Une grande famille mondiale 

Largement répandus en zones tropicales et subtropicales, les agrumes fournissent la part la plus importante de la production mondiale de fruits. Leur tendance à l’instabilité génétique et à l’hybridation a engendré une grande diversité de variétés et d’accidents génétiques (chimères).

Les agrumes regroupent 6 genres botaniques de la famille des Rutacées : Citrus, Poncirus et Fortunella originaires du sud est asiatique d’une part ; Eremocitrus, Clymenia et Microcitrus originaires d’Océanie d’autre part. Ce sont principalement les fruits des Citrus qui sont consommés (oranges, citrons, pamplemousses, mandarines…), ainsi que ceux des Fortunella (kumquats) et des Microcitrus (citrons caviar). Originaires des régions les plus septentrionales, les Poncirus et Fortunella sont naturellement les plus résistants au froid. Par ailleurs des recherches récentes, menées notamment par l’INRAE, ont révélé  l’existence de 4 génotypes  « originels » du genre Citrus  : pamplemoussiers, mandariniers, cédratiers et papédas. Toutes les espèces et variétés de Citrus actuellement connus dériveraient de ces 4 ancêtres (plus ou moins directement), par hybridations successives. Ainsi le croisement de pamplemoussiers et de mandariniers a donné naissance aux orangers et bigaradiers, le citronnier étant lui-même un hybride de bigaradier et de cédratier, et le limettier (citron vert) un hybride de cédratier et de papeda.

Des exigences et quelques réponses 

La plupart des agrumes préfèrent un sol drainant, profond et au pH plutôt acide, mais la diversité des variétés disponibles (qui ne cesse de s’enrichir de nouvelles hybridations et obtentions) ainsi que les techniques culturales permettent de s’adapter à un grand nombre de situations. Les limites sont fixées principalement par la résistance au froid (variable de 0°C pour le limettier de Tahiti, à -20°C pour le poncirus trifolié), la tolérance au calcaire, à la salinité (chlorures), à l’asphyxie ou à la sécheresse.

La résistance aux ravageurs, parasites et maladies est un autre facteur à prendre en considération. Actuellement une grande partie des plantations d’Asie et d’Amérique latine – et depuis peu quelques zones du bassin méditerranéen – sont ravagées par le virus HLB (maladie du « dragon vert ») qui entraîne la destruction de milliers d’hectares ; et cette maladie grave n’est que la dernière en date d’une longue liste. Les proliférations de nuisibles, souvent dues à des importations accidentelles et favorisées par les modifications climatiques, ne sont pas toujours faciles à éviter et à neutraliser.

Il est donc important de choisir des variétés et des porte-greffes résistants ou tolérants aux conditions locales.

Les plantes passent par un stade juvénile avant d’être capables de reproduction sexuée. Chez les agrumes, cette période de juvénilité dure couramment de 8 à 10 ans, et peut se prolonger jusqu’à une vingtaine d’années. Cela signifie que pendant tout ce temps les arbres ne produiront ni fleurs ni fruits viables.

Les techniques de culture visent à s’adapter à toutes ces conditions avec pour objectif principal la production rapide de nombreux fruits de qualité. Le greffage permet d’obtenir des plants homogènes et génétiquement identiques à la variété greffée, ce qui est impossible par semis. D’autre part, le cal généré par la greffe induit une mise à fruit beaucoup plus rapide. Enfin cette opération permet de transmettre à la variété greffée certains caractères intéressants du porte-greffe (résistance au froid, vigueur, adaptation au sol, résistance aux maladies…)

Il est donc essentiel de vérifier à l’achat que le porte-greffe choisi est bien adapté à la situation locale.

On peut trouver dans le commerce, pour des sommes modiques, des plants non greffés obtenus par semis. C’est bien sûr un investissement hasardeux et à (très) long terme !

Il est également possible de bouturer la plupart des agrumes, ce qui garantit d’obtenir des plants génétiquement identiques à l’original. Toutefois le réseau racinaire qui se développe est moins solide que celui d’un porte-greffe obtenu par semis, donnant des arbres moins résistants et plus difficiles à adapter aux conditions extérieures.

A noter qu’un arbre greffé vit moins longtemps (30 à 50 ans en moyenne) qu’un arbre issu de semis (50 à 100 ans).

Culture des agrumes en Aquitaine

En pleine terre

C’est la meilleure option pour un développement des arbres sans entrave, mais elle reste soumise à des restrictions locales strictes (microclimat, abri à disposition ou non, exposition, sol)

  • à l’extérieur :

Sous le climat aquitain, il est possible de cultiver certains agrumes à condition de respecter quelques règles. La première est d’éviter les situations exposées aux vents dominants. Par ailleurs, les agrumes apprécient le soleil tant qu’il n’est pas brûlant, l’eau tant qu’elle ne stagne pas (surtout l’hiver), les terrains drainants, profonds et fertiles… en cela ils se comportent comme la majorité des plantes cultivées. Par contre, de fortes disparités d’affinité avec les différents types de sols existent, en fonction des espèces et variétés, et il est nécessaire de s’assurer que l’arbre que l’on souhaite planter est bien compatible avec le sol qui doit l’accueillir. Cette contrainte peut être tempérée par l’emploi de porte-greffes adaptés.

L’eau et les apports nutritifs doivent être apportés à l’aplomb de la ramure et surtout pas au pied de l’arbre, car l’absorption se fait principalement dans la zone périphérique du chevelu racinaire. On plante les arbres préférentiellement en avril – mai, dès que les gelées ne sont plus à craindre, en ménageant une rigole d’arrosage circulaire à l’aplomb de la ramure. Les arrosages doivent être très réguliers la 1ère année, en évitant de mouiller le tronc (risque de développement de maladies graves comme le phytophtora). L’installation d’un arrosage automatisé au goutte à goutte, toujours à l’aplomb de la ramure, est une très bonne option. Les agrumes sont très gourmands et il est nécessaire d’effectuer des apports d’engrais adaptés de mars à octobre, dans les mêmes conditions que l’arrosage.

Quels agrumes cultiver en extérieur en Aquitaine ?

Poncirus : le plus résistant au froid, intérêt décoratif et haies défensives, production de porte-greffes, fruits non comestibles.

Mandarinier Satsuma, Kumquat, Yuzu : suivant les variétés une production fruitière est possible, intérêt décoratif.

Par ailleurs certains hybrides de création récente (tangors, tangelos, citrangequats, orangequats, satsumanges…) donnés pour résistants de -5 à -10°C pourraient probablement être envisagés.

Le bouleversement climatique en cours modifie la topographie des zones favorables et pourrait à terme permettre de conserver certaines espèces et variétés auparavant inenvisageables. A suivre…

  • sous abri :

La serre froide convient très bien à la plupart des agrumes. C’est la meilleure option en Aquitaine pour cultiver des variétés intéressantes, à condition de pouvoir disposer d’un local (en verre ou sous tunnel plastique) de dimensions suffisantes. Il doit par ailleurs être équipé de systèmes efficaces (aération, ombrage, arrosage) afin de limiter les accidents, maladies et ravageurs, ce qui peut représenter un investissement important.

A titre d’exemple un citronnier Meyer adulte greffé sur bigaradier a besoin de 9 à 12m2 au sol, et de 3m en hauteur ce qui exclut la plupart des serres « de jardin », généralement de dimensions insuffisantes.

Dans tous les cas, la culture sous abri impose le respect de règles sanitaires strictes, car les conditions idéales offertes aux arbres sont également favorables à leurs parasites, occasionnant des attaques soudaines et violentes. Il est indispensable d’inspecter très souvent et consciencieusement les plantes afin de pouvoir intervenir à temps.

Le chauffage n’est nécessaire qu’en cas de très fortes gelées, ou pour certaines espèces particulièrement sensibles au froid, comme les limettiers (citrons verts).

Les maisons équipées de patios bien éclairés peuvent également y accueillir des agrumes.

En conteneur : pot, caisse d’orangerie…

Tous les agrumes peuvent être cultivés en conteneurs, ce qui permet de les déplacer de l’extérieur vers un abri lorsque cela devient nécessaire. En contrepartie, le volume de substrat dont disposent les arbres en conteneur conditionne leur développement et leur production, qui resteront toujours inférieurs à ceux obtenus en pleine terre. D’autre part ce mode de culture rend la plante total-ce qui la fragilise par rapport à une plante de pleine terre, nécessitant un entretien plus fréquent et attentif. Enfin, l’hivernage implique de disposer d’un abri hors gel et lumineux : véranda, serre de jardin, fenêtre au sud dans une pièce d’habitation non chauffée, palier protégé, galerie ouverte bien abritée… à moins bien sûr de disposer d’une orangerie.

Le rempotage des agrumes est nécessaire tous les 3-4 ans, plutôt en hiver. La motte bien ressuyée est extraite de son conteneur, prudemment secouée, inspectée et éventuellement soignée, avant d’être réinstallée dans un conteneur légèrement plus volumineux – mais sans excès – que le précédent. Les caisses d’orangerie sont conçues pour pouvoir être ouvertes par les côtés, ce qui permet de changer le substrat et d’apporter éventuellement des soins aux racines sans avoir à déplacer la caisse. A partir d’un certain poids, la manipulation des conteneurs devient problématique, et leur déplacement peut nécessiter l’utilisation d’engins de levage.

Les conteneurs doivent toujours être drainants : présence de trous d’évacuation de l’eau et d’une couche drainante (billes d’argile, pouzzolane…) en fond. L’arrosage au goutte à goutte est bien adapté.

Dormance et hivernage

La résistance au froid ne se réduit pas à une température limite. Plusieurs paramètres inter-réagissent pour déterminer le stade au-delà duquel le fruit, la partie aérienne ou l’ensemble de la plante seront détruits par le gel. L’exposition au vent et aux intempéries réduit considérablement la résistance par rapport à une situation sous abri, à température égale. ATTENTION, les températures limites annoncées presque partout correspondent à des températures atteintes ponctuellement, sur des périodes de courte durée et sous abri. Cela signifie qu’un citronnier réputé rustique à -5°C sera endommagé ou détruit à cette même température s’il est installé en plein vent. De même un gel prolongé à -2°C sera beaucoup plus destructeur qu’un gel ponctuel à -5°C.

Le phénomène de mise en dormance (ou repos végétatif) des végétaux caduques, en stoppant l’absorption racinaire, purge les canaux de leur eau ce qui rend la plante plus apte à résister au gel à venir. A contrario, une brusque plongée négative du thermomètre sur une plante encore en activité aura des conséquences dévastatrices, car en gelant l’eau contenue dans ses cellules va les faire éclater. Pour pouvoir « s’endormir »,  la plante doit être soumise progressivement à des températures de plus en plus basses, et se retrouver au régime sec (arrêter d’apporter des nutriments, réduire les arrosages au minimum). Quand ces conditions peuvent être remplies, la résistance au gel est optimale.

On ne peut obtenir qu’une dormance partielle avec les agrumes, puisqu’ils sont persistants : c’est une des principales raisons de leur sensibilité au froid.

                                              

Idéalement, l’hivernage a lieu sous abri fixe. A défaut,, on peut utiliser temporairement du paillis, des voiles d’hivernage ou d’autres moyens de couverture pour protéger les plantes en extérieur. Il faut arriver à installer la plante dans une « bulle » laissant passer la lumière tout en arrêtant l’eau et les courants d’air, et en évitant le contact direct avec la protection, ce qui n’est pas toujours très facile à réaliser.

Par sa souplesse, la culture en conteneur est celle qui permet de gérer au mieux la mise en dormance et l’hivernage.

Quel que soit le mode de culture, il faut toujours supprimer les apports de nutriments et réduire les arrosages au strict minimum pendant toute la période d’hivernage.

Taille de formation, taille d’entretien

IMPORTANT : l’effet de la taille sur les agrumes n’est pas anodin, et une utilisation mal maîtrisée du sécateur peut être potentiellement dangereuse. Il s’agit d’amputer la plante de parties jugées inutiles, gênantes ou malades, et de rediriger ses flux de sève pour modifier sa ramure. Sous l’effet de la photosynthèse et de l’absorption racinaire, deux courants circulent dans la plante en activité. Chaque coupe de sécateur crée une blessure, par laquelle la sève va s’échapper tandis que des organismes extérieurs potentiellement toxiques vont pouvoir pénétrer dans le circuit et infecter la plante. La mise en dormance hivernale des espèces caduques ralentit la circulation de la sève jusqu’à l’arrêter, ce qui permet de tailler les plantes sans risque d’hémorragie ou d’infection (= taille d’hiver des fruitiers). Ce n’est pas le cas des agrumes qui, à part le Poncirus, sont persistants. Certaines espèces comme le Microcitrus y sont tellement sensibles qu’une taille trop sévère peut entraîner la mort de l’arbre. Il faut donc être très prudent, surtout si on doit intervenir sur du bois de forte section. On limite les risques d’hémorragie en appliquant un mastic cicatrisant sur les grosses plaies de taille, et les risques de contamination en désinfectant systématiquement son sécateur à l’alcool avant chaque intervention.

Du démarrage de la greffe à sa mise en vente, l’arbuste est taillé en pépinière en vue d’obtenir une forme adaptée à sa variété, à son porte-greffe et à sa destination : miniplant d’intérieur, arbuste en conteneur, arbre de pleine terre… Il peut être nécessaire de prolonger cette taille de formation pour l’adapter à une situation particulière, ou d’y revenir pour rajeunir une plante âgée, ou encore suite à un accident. Dans tous les cas, il faut intervenir pendant une période de repos végétatif relatif (à défaut de véritable dormance), et éviter de déséquilibrer la ramure. La réaction d’une plante en bonne santé est proportionnelle au diamètre et à la quantité de bois supprimé, il est nécessaire de l’anticiper avant de couper !

La taille d’entretien ne présente aucune difficulté. Elle a comme intérêt premier de nettoyer l’arbre, de l’équilibrer et de le densifier en favorisant sa ramification, et comme objectif principal de permettre de futures récoltes harmonieuses et abondantes. Elle consiste à raccourcir plus ou moins l’extrémité des jeunes rameaux en vert (selon la vigueur de l’arbre, sa forme, la densité du feuillage, l’apparence des rameaux) et à nettoyer le bois plus ancien en évitant les coupes sévères. Bien que la période la plus favorable semble se situer autour de février-mars, la taille d’entretien reste possible à d’autres moments car les agrumes, comme la plupart des persistants, ont une croissance en « vagues » caractérisée par plusieurs poussées annuelles.

La désinfection systématique des outils de taille est indispensable en taille d’entretien comme en taille de formation pour éviter les contaminations.

Quelques liens 

Le monde des agrumes fascine et passionne. Il existe un grand nombre de publications scientifiques spécialisées, souvent très pointues et difficilement accessibles aux néophytes. De nombreux forums et associations permettent également aux amateurs d’échanger des informations, des savoirs, des expériences, et parfois aussi du matériel végétal.

Vous y trouverez une infinité de questions, et presque autant de réponses !

La référence : https://www.agrumes-passion.com/

Et aussi : http://forum-agrumes.com/viewforum.php?f=1

https://agrume.forumactif.com/

Une base de connaissances pour plus de 400 variétés d’agrumes : http://citruspages.free.fr/index.php

Un commentaire

  1. Courbin Laurent

    Merci pour votre accueil cet après-midi, votre passion est très agréable à découvrir. Avec les deux spécimens que nous avons emporté, nous allons essayer de bien appliquer les conseils scrupuleusement afin de garder de belles plantes qui nous feront rêver.

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